20 novembre 2009

Pestilence

Près de mon lieu de travail se trouve une impressionnante rangée de gingko(s) biloba (pluriel or not, that is the kwechtionne). Il y en a tout le long du boulevard. En automne, leurs couleurs m'enchantent et même après que les feuilles soient tombées, c'est joli à regarder, ces taches de jaune d'or sur le bitume...


Mais (oui, il y a un mais) voilà, parmi tous ces jolis arbres existe un vilain petit canard. Et cet arbre maudit est un arbre femelle (oui, chez les gingko, il y a des mâles et des femelles, c'est Wikipédia qui me l'a appris). Les femelles gingko ne sont pas très appréciées chez les jardiniers, on s'arrange généralement pour en planter des mâles (obtenus par bouturage) afin d'éviter l'épreuve olfactive que constitue la chute des fruits, au mois de novembre. En effet, ces "fruits" (des ovules, en fait) puent atrocement. Le beurre rance, disent les gens polis mais moi je dis plutôt qu'ils sentent le vomi.

Il se trouve donc que l'arbre le plus proche du parking est une femelle, arrivée là par miracle après le tri eugéniste des services d'Espaces Verts de la ville... Elle perd ses fruits, qui sèchent à terre et que piétinent les centaines de zélèves qui passent par là, sans compter les piétons de passage qui n'auraient pas fait attention. Je l'ai fait une fois, en sortant de ma voiture. Je ne l'ai fait qu'une fois. Mes chaussures ont gardé l'odeur tenace toute la journée, il a fallu que j'en lave la semelle le soir en rentrant. Depuis, je fais gaffe. Pas les zélèves. Mon nez sensible peut quasiment détecter ceux qui sont passés à l'endroit maudit, y compris plusieurs heures après. Pouah !

Et quand je pense que cet arbre survivra probablement au 21 décembre 2012 *!!! :-D

* Vous avez regardé l'excellent documentaire sur La Conspiration de l'Apocalyse sur France 4 ? Remarquable ! Dommage qu'il ne soit plus en ligne, je l'aurais fait visionner par les écraseurs d'ovules de gingko...


Crédit photo : http://www.biolib.de

19 novembre 2009

Elle rôde...

La grippe rôde autour de moi depuis quelques jours. Enfin, certainement depuis quelques mois mais disons que la menace devient plus concrète ces derniers temps. La grippe-dont-il-ne-faut-pas-prononcer-le-nom est arrivée à l'école du Moustique (4 cas probables, dont une maîtresse), elle sévit au collège (une cinquantaine de malades mais tous ne sont pas forcément grippés et nous nous en tirons bien par rapport aux établissements voisins, aux classes à demi décimées!), la grippe H1-N1 vit enfin au bout du couloir de mon immeuble depuis hier...

C'est amusant de voir à quel point les conversations (des adultes) tournent autour de ce sujet exclusif, aujourd'hui. Point de foot, point de politique, mais virus et contamination, fièvre et masque. Personne ne parle plus du vaccin, d'ailleurs, sauf si on aiguille la conversation là-dessus... J'ai bien l'impression que la vaccination va arriver trop tard, ici !

Et sinon, à part ça, je suis en quête d'un sujet ZEN pour le défi-photo de cette semaine... Je devrais peut-être me photographier ! ;-)


16 novembre 2009

Ecouter, lire

On dit souvent des femmes qu'elles sont multitâches, contrairement aux hommes, qui ne savent faire qu'une chose à la fois. C'est vrai quoi, nous on peut se faire les ongles tout en téléphonant à nos copines, tricoter en regardant la télévision, lire en faisant du stepper, bloguer en supervisant les devoirs du petit dernier, etc etc... ! Personnellement, il y a encore quelques trucs que je n'arrive pas à faire en même temps :  par exemple, lire mon roman en anglais tout en écoutant attentivement le journal à la radio ou alors, mon drame personnel, lire en tricotant (je sais que c'est possible, mais pour moi, pas moyen, je ne maîtrise pas assez la technique)...


L'autre jour, le CDI désert, je m'emploie à couvrir une série de livres, tâches monotone par excellence, mais à laquelle je ne rechigne pas, ça vide la tête et ça fait travailler la motricité fine. Et je me dis "Tiens, si j'écoutais un peu de musique en même temps, puisque je suis seule?". Mais hélas, la connexion du collège rame légèrement ces derniers temps et donc, pas question d'écouter Deezer en streaming. Quant aux CD, je n'en ai point sur place sauf... quelques livres-audio reçus en cadeau d'un éditeur il y a belle lurette et toujours sous cellophane (pas curieuse de cette technique...). Qu'à cela ne tienne, je mets dans mon ordi le CD des Nouvelles de Maupassant lues par Robin Renucci et hop, je m'attaque à ma pile à couvrir.

Hé bien figurez-vous que j'ai adoré ce moment de lecture audio. J'étais à fond dans le texte, au point même de m'arrêter dans mon geste pour ne pas rater le point culminant de La Mère Sauvage, ou de faire un commentaire à voix haute (oui, je parle toute seule, de temps à autre) sur Un million. De plus, la voix du comédien est très agréable, il lit le texte sans trop en faire et nous plonge dans l'histoire tout de suite. Bref, un petit bonheur de moment de lecture, tout à fait inespéré et inattendu...

Depuis, j'ai cogité. Un projet de lecture offerte à mes zélèves me trotte dans la tête depuis la rentrée, une sorte de petit rendez-vous mensuel pour leur lire des histoires (je sais que ça marche toujours, même au collège, même avec des grands, si on choisit le bon texte!). Je vais le mettre en oeuvre, pour voir. Et j'ai commandé des livres-audio aussi, à écouter au CDI, pour ceux qui aiment plus écouter que lire, pour ceux qui ont du mal à lire, pour ceux qui n'aiment pas lire mais qui aiment les histoires. On verra bien si ça marche...

A part ça, qu'on ne vienne pas me dire ce soir que les jeunes ne lisent plus. Ils ont dévalisé mon stock de bouquins pour le Prix des Incos 2010, après que je leur aie présenté les romans en classe. Et je n'ai vu que 4 classes sur 8 ! Un succès inattendu, là encore...

12 novembre 2009

Ne surtout pas s'énerver

Ne surtout pas s'énerver... Les zélèves n'ont toujours pas compris ce qu'on attendait d'eux après des dizaines d'heures passées à le leur expliquer, voire à insister lourdement ? Ne surtout pas s'énerver...

Les ministres ouvrent leur bouche pour déblatérer des insanités sur le devoir de réserve de la lauréate du Prix Goncourt ? Ne surtout pas s'énerver...

On cherche des noises à notre petit Président sur son emploi du temps d'il y a vingt ans au lieu de parler des vrais problèmes de notre société ? Ne surtout pas s'énerver...

Fiston n'a toujours pas de stage en entreprise alors qu'il en connaît les dates depuis la rentrée mais il n'a pas jugé bon de se bouger trop tôt ? Ne surtout pas s'énerver...

La société d'entretien de la chaudière n'a toujours pas rappelé pour fixer une date de changement de la pièce qui fuit depuis 6 mois ? Ne surtout pas s'énerver...

Respirer un grand coup. Fermer les yeux et essayer d'oublier le décor. Écouter Lisa Ekdahl ou Pink Martini. Refaire une fournée de madeleines mais à la fève Tonka.  Se plonger dans un livre envoûtant. Renifler dans son pull la note de cœur de son parfum d'hiver. Tricoter un trendy châle tout foufou. Faire le tri dans son album photo en ligne. Mais ne surtout, surtout jamais craquer sur le chocolat !


Spéciale dédicace à la blogueuse qui se reconnaîtra dans ce flacon !
(je me suis amusée avec mon APN, dimanche matin, à plat ventre dans mon salon...)

09 novembre 2009

Réserve

Bon, ben j'ai fini par rentrer de vacances, mais ce n'est pas pour autant que j'ai retrouvé mon inspiration bloguesque... Les seuls trucs que j'aurais à dire concernent (une fois de plus) mes déplorables conditions de travail mais je me sens liée par l'auto-censure que l'on appelle droit devoir de réserve (j'ai corrigé mon erreur, merci Larkéo). C'est bien dommage parce que j'en aurait une tartine à raconter, entre les petits malheurs du quotidien (par exemple, aléas du chauffage, le retour de la vengeance) et les plus embêtants malheurs liés au chantier (mais là, motus) ! Ajoutez à ça la morosité météorologique et vous aurez un tableau fort plaisant de ma déprime automnale.

Mais ne nous laissons pas abattre. Parmi les petits bonheurs à mettre en valeur, les couleurs des arbres, le tableau sans cesse renouvelé des feuilles mortes sur le goudron, un rayon de soleil sur le Beaujolais, le premier givre, un nouveau défi-photo pour s'amuser, la rencontre (enfin!) avec mon nouveau beau-frère, les réglisses salées finlandaises qu'il m'a apportées de Paris et une nouvelle fournée de madeleines à la fève Tonka. Na !


Oingt, Beaujolais - 8 novembre 2009
Non mais. On ne va pas se laisser faire ! ;-)

03 novembre 2009

Lectrice (8 et fin)

Tiens, ça faisait un petit moment que je ne m'étais pas attelée à ce petit exercice d'autoportrait de lectrice ! Allez, les 3 dernières questions :

Télé, jeu vidéo ou livre ?
Les trois, mon général ! Je ne regarde pas beaucoup la télé, juste un petit bout de JT si j'en ai le temps et un film ou une émission de première partie de soirée... En ce moment, on est gâtés sur le service public, il y a toujours un truc intéressant (je me suis passionnée pour "Un village français" et la série des Nicolas Le Floch). Mais comme dirait Monsieur, ça ne durera pas comme les impôts !
Les jeux vidéos, c'est plus occasionnel. J'aime bien la Wii, qui me permet de me démonter l'épaule au base-ball ou de parfaire mon golf.  J'y fais aussi travailler ma cervelle avec la Cérébrale Académie... quand j'y pense ! Je jouais autrefois sur mon PC (aux Sims) mais cette époque est totalement révolue parce sous Linux, on a moins le choix (et en tout état de cause, pas de Sims...)
Alors, pour le reste, il y a les livres. Le soir avant de m'endormir, parfois le mercredi après-midi et un peu le ouikende, quand j'arrive à lâcher le Net. Et évidemment, pendant les vacances !

Lire et manger ?
Ça m'est arrivé (de lire en mangeant), à l'époque où je travaillais dans un collège sans cantine et que j'étais la seule à rester sur place pendant le temps du repas. Si je vivais seule, ça m'arriverait sûrement souvent et ce serait probablement une bonne chose pour ma ligne car je suis dans ces cas-là plus absorbée par mon bouquin que par mon assiette... Ceci dit, je ne grignote pas en lisant dans l'après-midi. Et j'interdis formellement à mes zélèves de manger ou de boire quoi que ce soit au CDI. Non mais. Un accident est si vite arrivé...

Lecture en musique, en silence, peu importe ?
Alors là, peu importe. La plupart du temps, en silence, ou en tous cas, sans adjonction de bruit artificiel (télé, chaîne hifi, baladeur...). Mais je peux aussi lire en musique, et c'est même mieux quand je veux vraiment m'isoler dans ma lecture...

Voilà, l'autoportrait est terminé ! Je termine en ce moment la lecture de la sélection 5e/4e du Prix des Incorruptibles (prix littéraire pour la littérature jeunesse attribué par les enfants/ados). Je vais en effet me relancer dans l'aventure avec mes zélèves volontaires (une trentaine, l'an dernier, un record !). Personnellement, je ne suis pas emballée par ce que j'ai lu pour l'instant mais en même temps, ce n'est pas moi qui vote ! ;-)

[note programmée, parce que je ne suis toujours pas rentrée !]

01 novembre 2009

Le Tailleur de Pierre


Auteure : Camilla Läckberg
Editeur : Actes Sud, 2009

L'histoire : Alors que sa compagne, Erica Falck a de la peine à trouver ses marques avec leur fille, née 2 mois auparavant, l'inspecteur Patrik Hedström est confronté à une affaire particulièrement sordide : le cadavre de la petite fille de leurs voisins (et amis) est retrouvé dans la mer et après autopsie, il s'avère que ce n'est pas une noyade accidentelle mais un meurtre... Secrets de famille, querelles de voisinage, la petite ville balnéaire suédoise de Fjällbacka est loin d'être aussi paisible qu'on ne le pense...

Ce que j'en ai pensé : C'est le troisième volume des aventures de Erica et Patrik, centré essentiellement autour de la difficulté d'être parent. Ce thème est peut-être un peu trop récurrent quand il touche même des personnages "secondaires" (on a un peu l'impression que ça arrive comme un cheveu sur la soupe) mais cela ne m'a pas gênée outre mesure car c'est un sujet qui me touche (eh oui). J'ai également aimé l'alternance entre le présent (l'enquête sur le meurtre de la petite Sara) et le passé (retour sur un personnage vivant dans les années 20 et dont les actes ont une répercussion sur les faits actuels, dévoilée à la toute fin du roman), qui contribue au suspense. Je suis toujours un peu déçue que le personnage d'Erica (qui était l'héroïne du premier tome) passe un peu au second plan mais non, vraiment, j'aime toujours autant cette série, sans vraiment pouvoir expliquer pourquoi.... La Suède, peut-être ? ;-) 
Pour mémoire, les tomes précédents sont "La Princesse des Glaces" et "Le Prédicateur", toujours chez Actes Sud.

[note programmée, je suis partie quelques jours dans le Jura]